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Patrick Rambaud 2 

Les jours sombres
Troisième chronique du règne de Nicolas Ier de Patrick Rambaud (Grasset, 2010)

Dans cette Troisième chronique du règne de Nicolas Ier, Patrick Rambaud, qui relate finalement le durcissement d’un régime, a cessé de nous faire rire, parce qu’il est sans doute plus conscient que quiconque de l’effroyable situation de son pays. Il s’agit de conter l’essor de la crise économique touchant une population qui ne se fait guère d’illusions en ce qui concerne la capacité de gestion de ses gouvernants. Nicolas Sarkozy n’est plus seulement un nain politique qui, par son autoritarisme et son cynisme primaire, provoque l’hilarité générale, mais un personnage malfaisant lequel, à force de s’attacher au pouvoir et de réduire chaque velléité d’opposition, finit par éliminer toute trace visible de liberté en France.

Non content de jouer les maîtres en s’attachant le service des journaux et des magazines, puisque dirigés par des chefs d’entreprise tout à sa dévotion, « Nicolas Ier » se transforme peu à peu en tyran aux petits pieds, du fait de sa mainmise des médias tels que la télévision et la radio publiques, du fait de la volonté de rendre aussi lisse que possible son image en raison d’une protection assurée par la police et les services de la préfecture dans tous ses déplacements, et du fait de cette habitude de façonner l’opinion en créant le plus souvent des événements factices ou qui n’ont pas lieu d’être.

Bref, c’est dans cette Troisième chronique que transparaît réellement la figure de Nicolas Sarkozy : Patrick Rambaud poursuit son analyse quotidienne des faits qui ont marqué la France. Et, si celui-ci fait encore la part belle à l’entourage, le polémiste ne s’arrête en rien sur la piétaille des hommes et des femmes qui retourneront bientôt dans l’ombre ; il n’a que faire des subordonnés qui ne peuvent absolument cacher la responsabilité pleine et totale d’un être, Nicolas Sarkozy.

De plus en plus, outre le caractère omnipotent de son pouvoir, ce qui est remarquable reste cet acharnement à aller de l’avant sans ce besoin de faire preuve d’imagination ou de simplement réfléchir. Certes, il est loisible de critiquer la méthode de Patrick Rambaud, lequel ne s’arrête jamais aux explications, mais l’erreur pour ce dernier serait justement de s’appesantir sur chaque étape de l’évolution d’« un règne ». En tant que bon pamphlétaire, Rambaud a l’obligation d’aller à l’essentiel s’il veut frapper assez fort et ébranler davantage l’esprit de ses lecteurs. D’un autre côté, il montre aussi ce qui permet à un être autant démagogue que médiocre — sans négliger le dogmatisme économique le rapprochant de feu Reagan aux Etats-Unis ou d’une Thatcher en Grande-Bretagne — de demeurer au premier plan, soit l’absence d’une opposition solide et puissante, faute de personnalités sérieuses pour la représenter.

 

Thomas Dreneau

 

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L'article sur Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier de Patrick Rambaud

L'article sur Quatrième chronique du régne de Nicolas Ier de Patrick Rambaud

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