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Christian Eudeline

Journalisme et vulgarisation
Hard rock de Christian Eudeline (Hors Collection, 2007)

J’attendais mieux de la part d’un essai qui se présentait comme le premier ouvrage général sur un genre souvent mal vu des amoureux du rock, c’est-à-dire le hard. Non seulement Christian Eudeline ne semble pas avoir réfléchi en ce qui concerne la composition de ce livre (Eudeline accumule ainsi les groupes décrits dans l’ordre chronologique), mais il adopte surtout un style qui rappelle beaucoup trop le journalisme propre aux magazines.

Ce qui signifie que les approximations et les erreurs sont courantes dans cet ouvrage ; sans parler du fait que, contrairement à Jérôme Alberola, auteur d’un livre sérieux sur un autre genre musical considéré, lui, comme difficile d’accès, le rock progressif, il se contente de rappeler les chiffres de vente des albums des principales formations du hard et de relater les histoires de dépendance à l’alcool et aux drogues. Ce livre apparaît donc à première vue comme daté, puisque Eudeline rappelle succinctement l’intérêt de certains disques sans entrer dans les détails. D’autre part, il n’est nullement question pour l’auteur de faire le lien avec les différents courants musicaux tels que le glam, le rock prog, etc. Christian Eudeline préfère définir le hard comme un style qui touche directement l’oreille par sa puissance et sa sauvagerie. Il nous donne, par conséquent, une vision simpliste du hard rock qui entre en contradiction avec les développements, tout au long de cet ouvrage, sur les divers groupes qui ont fait le succès public du metal.

Enfin, outre l’imagerie souvent provocatrice du hard rock qui aurait sans doute mérité un chapitre à part (les photographies qui illustrent ce livre sont là pour en témoigner), il apparaît que cet essai de vulgarisation, s’il rappelle les racines et les sources de ce dernier, n’est guère — encore une fois — tourné vers l’avenir ; tant les décennies des années 1990 et 2000 sont, malheureusement, sacrifiées. Je ne parle même pas des oublis lamentables dont fait preuve Christian Eudeline ; et que tout connaisseur du Thrash, du speed ou encore du black metal peut sans aucun doute remarquer.

Enfin, si le grunge, à l’instar du punk dans les années 1970, a sonné le glas d’un metal dominé par des morceaux démonstratifs à l’extrême et marqué par le vieillissement de groupes triomphant au cours de la décennie 1980, n’en est-il pas moins un renouvellement du hard rock en raison du rôle de formations telles que Pearl Jam, et surtout Soungarden? Le livre intitulé Hard rock de Eudeline ne permet point de répondre à cette question, et, en fin de compte, à l’ensemble de celles qu’est en droit de se poser tout spécialiste ou simple auditeur de disques de heavy metal.

 

Thomas Dreneau

 

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