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Léo Ferré/Charles Baudelaire/Michel OrionMICHEL ORION Au Théâtre de l’île Saint-Louis Paul Rey Ferré, Baudelaire et lui Ce mardi 16 novembre, Paris met sa robe de soirée et me donne rendez-vous sur l’Ile Saint Louis pour retrouver ses vieux poètes : Charles Baudelaire et Léo Ferré. Michel Orion leur rend un hommage émouvant dans un récital auquel il donne sens avec ses propres textes. Le Théâtre de l’Île Saint Louis est probablement la meilleure salle de Paris pour accueillir ce récital. Un lieu nostalgique qu’auraient sûrement apprécié Ferré et Baudelaire… Une salle confidentielle où l’on vient écouter des textes et des voix précieuses. Le rouge du velours des sièges et des tentures fait ressortir le noir du piano, de la scène et, ce soir, de l’anarchie. « A l’école de la poésie on apprend pas on se bat » lance t’il comme une diatribe en faisant sienne la maxime de Ferré. Il livre bataille pendant une heure trente environ. Un voyage le long des rimes. L’artiste, non sans humour, émaille son récital d’anecdotes personnelles ou sur la vie de Ferré et Baudelaire. L’occasion de rappeler à l’auditoire que les quelques exemplaires des Fleurs du Mal publiés en 1857 ont valu un procès à Baudelaire à cause de quelques textes de son recueil. Poètes, vos papiers ! La poésie comme un hymne à la liberté… Et Orion d’entonner « Homme libre toujours tu chériras la mer… La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme » ce célèbre poème de Baudelaire qu’il prend soin de mettre en miroir quelques minutes plus tard avec « la Mémoire et la Mer » de Léo Ferré… Le fantôme de Jersey était présent dans le public. Les chefs-d’œuvre s’enchaînent et Michel Orion cherche à imposer son style entre deux géants. Ses créations personnelles sonnent comme Ferré. Il semble pris dans les limites de sa propre admiration et ne pas oser se détacher de ses illustres inspirateurs. C’est dommage car l’homme ne manque pas de talent et de voix. Une voix puissante qui se marie parfaitement avec le piano et la force des textes interprétés. Rendez-vous est pris pour son prochain spectacle. On ne se lasse pas de la poésie même « Avec le temps… ».
Pierre-Yves CLAUSSE
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