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Bordel 1Bordel numéro un (Éditions Flammarion, 2003) Stéphane Million - Yann Moix - David Foenkinos - Pascal Bories - Florian Zeller - Jérôme Attal - Philippe Jaenada - Alexandra Julhiet - Nicolas Rey - Philippe Di Folco - Bénédicte Martin - Frédéric Beigbeder - Catherine Millet - Frédéric Grolleau - Martin Page - Charles Pépin - Juliette Cadaÿs - Alexandre Millon - Eric Bénier-Bürckel - Thomas Bouvatier - Valérie Zerguine - Nicolas d’Estienne d’Orves - Benoît Duteurtre - Valérie Tong Cuong - Paul-Eric Blanrue - Régis Clinquart. Évidemment, plusieurs textes publiés dans le premier numéro de la revue Bordel ne méritent aucun commentaire. Je songe en particulier à celui de David Foenkinos, Florian Zeller, Valérie Zerguine, Benoît Duteurtre, Régis Clinquart, etc. Parmi ceux-ci, je puis ranger les textes de Bénédicte Martin réunis sous le même titre que son premier livre, Warm up (2003). Pour les rares qui se souviennent encore de Bénédicte Martin, celle-ci avait fait un petit tapage médiatique au sujet de la photo de la couverture de son livre qui la présentait légèrement dénudée. Heureusement, commentaires peu ou prou salaces des journalistes ne valant guère témoignage d’un quelconque talent, la jeune Martin a disparu dans le néant de sa propre médiocrité. Toujours dans le domaine de l’histoire littéraire, « Solution nasale » de Charles Pépin se veut un « acte de résistance » contre toute forme de totalitarisme. Ainsi, le propos de Pépin est l’invention d’un produit pharmaceutique supprimant tout besoin d’idéal chez l’homme. Avec le recul, il paraît amusant de montrer Philippe Sollers comme le seul être capable de s’opposer à la diffusion de ce produit qui transforme la majorité des Français en robots. Pépin mentionne également Guillaume Dustan qui est caricaturé en écrivain gay à la recherche de l’unique plaisir. Sans parler du tout à fait oublié Vincent Cespedes dont la prose fait dorénavant la « richesse » des bouquinistes… Le lecteur pourra s’intéresser, toutefois, à « Ouverture de la Maison Close » de Pascal Bories dont la chute se révèle — hélas — maladroite. Ou encore à ce texte de Philippe Jaenada, « Aux putes », lequel se termine sur… le désespoir autofictionnel de l’auteur incapable de terminer son travail à temps pour la revue Bordel (!). Plus sérieusement, je tiens à citer la fiction de Alexandra Julhiet, « Alice », qui condense parfaitement la situation d’une jeune femme abandonnée par son amant et décidant de choisir le « remède » de la drogue. Mais aussi le petit texte de Nicolas Rey (« Marc n’ira pas au bordel ») lequel relate assez bien la jalousie. J’ajoute aussi la bonne surprise qu’est le journal imaginaire ou réel de Yann Moix (« Mois de janvier 2002 ») — existence réjouissante d’un homme perpétuellement frustré. Enfin, je ne puis clore mon article sans mentionner « Solution finale » de Éric Bénier-Bürckel. Ces quelques pages démontrent que l’auteur était sur la voie de la plus complète maturation de son style. Après l’échec littéraire de Maniac (2002), Bénier-Bürckel annonce, dans ce texte, le caractère à la fois violent et autodestructeur de son chef-d’œuvre intitulé Pogrom (2005), ou même son livre postérieur et tout aussi génial, Un peu d’abîme sur vos lèvres (2007).
Thomas Dreneau
PS : L’interview de Catherine Millet par Frédéric Beigbeder montre les limites de la position intellectuelle de l’auteure de La vie sexuelle de Catherine M. (2001). Faire la distinction entre le corps et l’esprit, parallèle à celle entre le coït et l’ « Amour », revient à accepter toutes les aberrations théologiques — avant le surgissement du nominalisme de Guillaume d’Occam — ; et, en même temps, à confiner Millet dans une « conception assez midinette de la sexualité ».
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