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Vannina MaestriPont entre le Monde et l’Un Mobiles 2 de Vannina Maestri est certainement la suite de Mobiles paru chez le même éditeur en 2005. En tout cas, ce « recueil de poèmes » ― qui se divise en quatre parties ― surprend moins par son originalité à la fois stylistique et formelle que par cette volonté ambitieuse de l’auteur d’embrasser l’étant proprement dit. La tâche devait être en soi impossible ; mais, pas pour Vannina Maestri, un poète qui, finalement, réussit autant à retracer l’être humain en général que son environnement fait d’informations éparses et éphémères. De telle sorte que le lecteur se retrouve confondu avec l’écriture chaotique de Maestri ; lequel cherche à enfoncer le premier dans la profusion de pages recouvertes de figures géométriques et de mots ― faisant la part belle à l’absurdité ou à l’éclatement anarchique des éléments. En résumé, Maestri tend à jouer avec la limite entre forme et informe, sens et non-sens. Mais il s’agit, selon moi, de mieux appréhender le réel en refusant ― fatalement ― le concept, l’idée ; même si l’entreprise de Maestri peut sembler avoir une connotation « totalitaire » dans le sens donné à ce terme par les politologues du XXème siècle. C’est par le biais d’une liberté qui s’affronte continuellement à la force de raisonnement ou de construction du poète ; que l’on échappe, au final, à l’impasse « idéologique » dans laquelle ont sombré tant de créateurs. Maestri réussit presque à maintenir jusqu’au bout cette « logique » contenue dans un peu plus d’une centaine de pages. Ce qui donne à l’œuvre moins cette spontanéité qu’une énergie apportant un rythme à l’ensemble des textes de Mobiles 2. Bref, Maestri établit un pont entre le « regard » aussi bien physique que psychique du poète et la réalité dont la richesse ne doit pas, ne peut échapper à un esprit suffisamment puissant pour l’atteindre peu ou prou dans sa globalité. Par ce besoin touchant de sincérité, l’auteur reconstruit l’espèce de communication qui se produit entre l’individu, l’Un, et son environnement extérieur, soit, ici, l’objet esthétique en tant qu’ultime témoignage…
Thomas Dreneau
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