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Jacques Généreux 1

Un économiste ennuyeux
Économie politique. 1. Introduction à l’analyse économique de Jacques Généreux (Hachette livre, 2000)

Ce premier tome (« Introduction à l’analyse économique ») de l’oeuvre de Jacques généreux intitulée Économie politique s’adresse avant tout aux étudiants de premier cycle. Il s’agit, en effet, d’un manuel qui rappelle le travail de Denise Flouzat, Économie contemporaine (dans sa bibliographie succincte et située à la fin de l’ouvrage, Généreux cite le deuxième volume de ce dernier, c’est-à-dire « Les phénomènes monétaires »). Ce qui signifie que le lecteur intéressé par l’économie et ses théories sera forcément déçu ; du fait que l’auteur se contente de décrire l’analyse économique, notamment à partir d’une définition des comptes de l’entreprise et de la nation.

En résumé, même si le souhait de l’économiste est d’éclairer l’amateur en évitant de lui donner le plus possible des calculs auxquels il n’est, évidemment, pas habitué, la lecture de ce livre, à l’instar du manuel de Flouzat, se révèle une véritable « traversée du désert ». Si l’on excepte plus ou moins les chapitres 6 (« Mécanismes monétaires nationaux et internationaux ») et 7 (« La balance des paiements et l’équilibre extérieur »), Économie politique (1) contient très peu d’idées : Généreux préfère dénoncer, soit le scientisme — en faisant appel à Popper et à son fameux « critère de falsification » —, soit le constructivisme — véritable bête noire du néo-libéral Friedrich A. Hayek —.

Bref, par son exposé épistémologique, l’auteur tombe dans le travers dénoncé, jadis, par Alan Sokal : un relativisme qui s’avère de moins en moins défendable, même s’ils sont (encore) peu nombreux les intellectuels ou philosophes conscients des limites de la plupart des « héritiers du cercle de Vienne » (Paul Feyerabend, Thomas S. Kuhn, etc.).

Difficile de s’appesantir, d’autre part, sur la notion d’« économie humaine ». Car Généreux se garde bien d’approfondir celle-ci ; à tel point qu’il est surtout question du bien-être des hommes, que tout économiste, qu’il soit « libéral » (au sens européen) ou keynésien, se doit justement de défendre par éthique ou par morale (à ce compte-là, Milton Friedman pourrait être rangé parmi les partisans de la justice sociale !).

Plus sérieusement, les derniers chapitres de cet ouvrage demeurent, encore une fois, les plus intéressants. Mais, nonobstant les nombreuses précisions apportées par l’économiste français et le constat, dès les années 1980, du rôle grandissant de la spéculation financière, il peut s’avérer plus simple de relire les essais de Paul Krugman, Pourquoi les crises reviennent toujours (2009), et de Jean-Luc Gréau, La trahison des économistes (2008).

Enfin, si Généreux a raison de montrer que la dévaluation monétaire n’est pas la solution miraculeuse quant à une économie nationale fragilisée au niveau de son budget et de ses échanges commerciaux avec le reste du monde, il est clair que les raisons présentées par celui-ci auraient plutôt tendance à justifier l’absence du contrôle de l’État du point de vue de la monnaie. Je veux dire par là que Économie politique (1) se présente inconsciemment comme l’œuvre d’un conservateur.

 

Thomas Dreneau

 

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La chronique sur La Grande Régression de Jacques Généreux

 

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