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Sergueï Prokofiev

Pierre et le Loup, de Sergueï Prokofiev
raconté par Ève Ruggieri
Avec l’Orchestre Prométhée
direction Pierre-Michel Durand

Du 19 au 30 décembre 2011
au Théâtre Édouard VII (Paris)

Pour la deuxième année, Radio Classique propose ce spectacle pendant les fêtes de fin d’année. Ève Ruggieri, une des voix familières de la station – et au-delà, grande « vulgarisatrice » du classique à la radio et à la télévision –, y est accompagnée par l’orchestre Prométhée, réunissant de jeunes musiciens issus de grands établissements d’enseignement musical, sous la direction de Pierre-Michel Durand.

En première partie, nous assistons à une sélection des plus beaux chants de Noël. Le début est amusant : on demande des volontaires dans la salle pour monter chanter avec l’orchestre. Personne n’ose, évidemment, et deux personnes sont désignées « au hasard » : une jeune fille (Fanny) et une jeune femme (Sarah), qui se mettent alors à chanter, presque sans avoir peur…
Bien sûr, tout cela est joliment concerté, et les deux « volontaires » s’avèrent être en réalité des interprètes chevronnées, qui mêlent brillamment leurs voix aux volutes orchestrales. Fanny, la  plus jeune, est particulièrement émouvante dans son interprétation de Petit Papa Noël. Ensuite, Sarah chante Jingle Bells (Vive Le Vent). Puis, elles font participer la salle au canon Vent Frais Vent du Matin : joyeux moment de communion parents-enfants, s’achevant par un We Wish You A Merry Christmas de circonstance.

Puis, les choses sérieuses commencent : Ève Ruggieri arrive sur scène et s’installe dans un grand et majestueux fauteuil. Elle commence à raconter, de sa voix chaleureuse et familière, l’histoire de Pierre qui ouvre la porte du jardin et part à la recherche du loup, malgré les recommandations de son cher grand-père… Comme de bien entendu, les thèmes des principaux personnages sont présentés, avec les instruments attitrés : certains instrumentistes (solo) se lèvent pour être bien vu par les enfants ; d’autres restent assis en groupe (les violons et altos).
Pour mieux capter l’attention des petits, les personnages (chat, oiseau, loup) sont animés et projetés en couleur au-dessus de la scène. Cela crée une certaine interactivité, car les enfants peuvent alors crier « Au loup ! » dès qu’ils voient apparaître son ombre menaçante…

Le théâtre Édouard VII est un très beau théâtre, aux sièges confortables – quoique dépourvus de rehausseurs pour les plus petits. En guise de bémol, on notera que les premiers rangs ne voient pas bien les musiciens des deuxième et troisième rangées (le percussionniste, par exemple, restera éternellement hors de portée). Peut-être aurait-il fallu leur inventer un système d’estrade, pour assurer une visibilité maximale à tous les « corps de métier ». De même, il fallait lever la tête assez haut pour voir les projections – il vaut donc mieux être en milieu de salle ou carrément au balcon, pour apprécier le spectacle de façon optimale.

Ceci étant dit, le spectacle (qui dure une heure) est tout de même très réussi : après avoir assisté à diverses adaptations très (trop ?) libres de ce conte dans d’autres théâtres, rien de tel que le retour à la pièce d’origine : ainsi, l’on peut littéralement « revisiter ses classiques », et offrir aux enfants une plaisante initiation à la musique du même nom…
Pour prolonger l’expérience : le disque est vendu à la sortie (à 10€), et se trouve également chez les disquaires.

 

Pauline

 

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