Philosophie
Imprimer Envoyer

Alfred Loisy

Introduction à Loisy
Écrits évangéliques de Alfred Loisy (Les Éditions du Cerf, 2002)

Alfred Loisy (1857-1940) est un exégète de la Bible en général et du Nouveau Testament en particulier un peu oublié aujourd’hui. Il fut, pourtant, l’un des acteurs et surtout la principale victime — Loisy sera excommunié — de la « crise moderniste » qui a frappé l’Église à la fin du XIXème et au début du XXème siècle. Loisy avait eu le tort d’introduire la science historique dans la critique des textes bibliques ; ce qui l’a amené à remettre en cause l’inspiration divine de ces derniers. Suite à l’excommunication prononcée en 1908, Loisy a poursuivi son œuvre, mais dans l’indifférence générale. Cette indifférence provient du fait que l’exégète ne s’est jamais rangé parmi les contempteurs de la religion. Il a préféré plutôt concentrer ses efforts sur la recherche d’une vérité dont ces Écrits évangéliques, qui se présentent comme un recueil de « morceaux choisis », nous permettent de comprendre ce qui fait tout l’intérêt de son œuvre.

Ainsi, au contraire de Paul-Henri Thiry d’Holbach dans Histoire critique de Jésus-Christ (1770), Loisy ne se contente pas de démontrer le rôle de plusieurs rédacteurs, notamment en ce qui concerne le Quatrième Évangile (voir l’extrait intitulé « Le chapitre 21 de Jean »). Puisqu’il cherche essentiellement à replacer l’écriture des quatre Évangiles dans leur contexte. En conséquence, il est moins question de l’existence de Jésus que des enseignements que les « auteurs » ont tentés de tirer de la tradition ou encore d’anecdotes qui favorisent la connaissance de la pensée de l’Église des premiers siècles. Loisy montre très souvent que les événements rapportés par les Évangélistes sont de pures fictions, de simples constructions de l’esprit humain pour, en fin de compte, diffuser une instruction parmi les croyants.

Encore une fois, contre les entreprises polémiques de d’Holbach et de Louis Rougier, Loisy tente avant tout de commenter le plus sereinement possible le Nouveau Testament afin d’éclaircir les idées parfois profondes qui sont l’œuvre de chrétiens dépendants à la fois des récits juifs et d’une tradition qui s’est mise en place après la disparition de Jésus. Par ses analyses, l’auteur révèle surtout l’état d’esprit des premiers chrétiens, soit ceux qui se sont en grande partie séparés de leur appartenance à la communauté juive à propos du respect de la Loi, d’une Église organisée peu à peu et choisissant de privilégier une fois pour toutes Pierre parmi les apôtres.

Si ses critiques ont pu apparaître impitoyables pour les catholiques d’alors, elles ne sont rien en comparaison de la virulence de l’antichristianisme d’un Rougier qui transparaît dans son livre intitulé Celse contre les chrétiens (1925). Car, si Loisy a fatalement perdu la foi, les extraits contenus dans Écrits évangéliques prouvent qu’il ne s’est jamais départi d’une certaine estime pour ces hommes qui, malgré les faiblesses de style, les erreurs flagrantes ou contradictions, les défauts inhérents à la narration, ont pensé leur croyance ; de telle sorte que le Nouveau Testament devient, sous la plume de l’exégète, un document humain par excellence.

 

Thomas Dreneau

 

A lire également sur Arès :

La chronique sur Histoire critique de Jésus-Christ de Paul-Henri Thiry d'Holbach 

 
Imprimer Envoyer

Basarab Nicolescu 1

Connaissance de Lupasco
À la confluence de deux cultures, Lupasco aujourd’hui de Basarab Nicolescu (direc.), Éditions Oxus, 2010

Ce livre présente la plupart des contributions d’intellectuels et universitaires à un colloque organisé à Paris, le 24 mars 2010. Il s’agit plus particulièrement de faire le lien entre une culture roumaine et une culture française à partir de la personnalité de l’épistémologue et penseur Stéphane Lupasco (1900-1988). Étant donné ma parfaite incompétence en ce qui concerne ce sujet, j’aurais plutôt tendance, par mon commentaire personnel, à recentrer l’intérêt de cet ouvrage collectif sur la personne de Lupasco ; du fait que, malgré l’origine roumaine du philosophe, celle-ci a finalement peu compté dans la carrière de ce dernier.

Il faut souligner également que ce colloque présente la volonté ambitieuse de chaque participant de montrer les différentes applications de la réflexion de Lupasco à propos de domaines aussi variés que la géopolitique, la peinture, etc. Or, si l’on peut appliquer sans crainte l’idée de transdisciplinarité à propos de l’œuvre de Stéphane Lupasco, il est difficile de ne pas sombrer dans l’analogie « relâchée et populaire » (David M. Armstrong), sans oublier le risque de simple récupération comme c’est le cas, par exemple, de la contribution de Thierry Magnin (« L’unité des antagonismes dans la théologie catholique »). Non pas que le choix de nombre d’études de faire des rapprochements avec la religion soit absolument contestable, mais je songe que, dans La tragédie de l’énergie (1970), Lupasco lui-même avait rejeté toute interprétation « métaphysique » ; comme semble, d’ailleurs, le reconnaître Basarab Nicolescu (« Interférences : Stéphane Lupasco, Gaston Bachelard, André Breton, Salvador Dali, Georges Mathieu, Benjamin Fondane, Eugène Ionesco »).

D’autre part, il est clair que la grande majorité des participants à ce colloque font l’impasse sur la richesse proprement « épistémologique » de l’œuvre de Lupasco. Je dois même admettre que les affirmations contestables de certains d’entre eux sur le « scientisme » ne permettent point de comprendre, selon moi, la richesse des travaux de ce penseur. La seule exception notable, outre la contribution de Basarab Nicolescu, serait celle de Joseph Brenner (« Stéphane Lupasco et la rejonction métalogique »). Cependant, reconnaissons que le travail d’Edgar Morin (« Lupasco et les pensées qui affrontent les contradiction ») se révèle être un exposé à la fois clair et enrichissant, nonobstant quelques inexactitudes à propos de « la certitude » du positivisme logique.

J’ajoute que la logique de Lupasco, bien qu’elle dépasse la logique classique d’essence aristotélicienne (principe de non-contradiction et tiers exclu), n’est pas forcément son apport le plus fondamental à la pensée philosophique. On pourrait même dire que cet apport est limité en comparaison des travaux qui se sont succédés depuis les études de Frege et de Russell. Nombre d’auteurs étaient susceptibles, à l’époque de Lupasco, de reconnaître à la fois le tiers inclus et le principe de contradiction ; à tel point que Louis Rougier et bien d’autres ont pu défendre l’idéal d’une pluralité des logiques.

Il aurait été nécessaire — encore une fois — de confronter les commentaires de Stéphane Lupasco avec l’avancée des découvertes scientifiques. Nombre de propositions, comme celles contenues dans un ouvrage aussi stimulant que L’expérience microphysique et la pensée humaine (1941), peuvent apparaître ainsi dépassées au regard des progrès de la science actuelle (je pense en particulier à l’échec de la tentative d’observation simultanée de l’onde et du corpuscule lequel a permis de justifier, en se référant à la méthode épistémologique de Lupasco, les dialectiques actualisation/potentialisation et homogénéité/hétérogénéité).

Par contre, l’évolution de la pensée de Lupasco, à la lecture de ces études, apparaît sans conteste et offre un intérêt réel pour toute personne qui s’intéresse de près ou de loin à celle-ci. L’on voit, par conséquent, Stéphane Lupasco passer de la dialectique de contradiction au primat des « trois matières », soit le conflit entre deux entités (physique et biologique) tenues en équilibre par une troisième (psychique) laquelle va se présenter ensuite, et grâce à l’apport personnel de Basarab Nicolescu, comme une autre réalité.

 

Thomas Dreneau

 

A lire également sur Arès :

La chronique sur La tragédie de l'énergie de Stéphane Lupasco

La chronique sur Qu'est-ce que la réalité? de Basarab Nicolescu

 
Imprimer Envoyer

Jean-Claude Pont/Flavia Padovani

Louis Rougier éducateur
Louis Rougier : vie et œuvre d’un philosophe engagé de Jean-Claude Pont et Flavia Padovani (sous la direction), Éditions Kimé, 2007

Le livre dirigé par Jean-Claude Pont et Flavia Padovani réunit un ensemble de travaux d’universitaires sur l’œuvre politique et économique de Louis Rougier (1889-1982). D’ailleurs, ce qui fait l’intérêt de cet ouvrage, c’est que ceux-ci ne manquent pas de faire le rapprochement avec ses livres plutôt tournés vers l’épistémologie. Et il faut saluer tout particulièrement Robert Nadeau (« Le conflit des libéralismes. Rougier versus Hayek »), Thierry Leterre (« Rougier et le problème de la cohésion sociale ») et Mathieu Marion (« Une philosophie politique pour l’empirisme logique? ») pour leurs articles qui enrichissent sans conteste la connaissance sur ce penseur — aujourd’hui encore — oublié.

Par contre, l’analyse de Pascal Engel pêche à l’égard d’une réflexion qui mérite mieux que des propos polémiques, voire cette sévérité devenue désormais hors de saison. Il valait mieux reconnaître les faiblesses ; tout en montrant une connaissance profonde de l’ensemble des livres publiés par Rougier. Or, il ne semble pas que, contrairement à d’autres, Pascal Engel maîtrise un tant soit peu l’auteur dont il parle. Inutile, d’autre part, de condamner un livre tel que Traité de la connaissance (1955) sous prétexte que l’ouvrage est éloigné de l’actualité philosophique d’après-guerre ; à moins, bien entendu, de se contenter du postulat fallacieux que la pensée est uniquement affaire de progrès.

Autre regret : les auteurs de l’ouvrage ont plutôt survolé que véritablement analysé les rapports entre Louis Rougier et la « nouvelle droite ». C’est un tort, car le risque demeure grand, pour le lecteur, de ne pas voir que l’épistémologie, parent pauvre de l’université française dans les années 1960 et 1970, a surtout été défendue par des articles comme ceux d’Alain de Benoist durant cette période. Par conséquent, il était facile pour des intellectuels ignorants en ce qui concerne la logique et les sciences de faire le rapprochement entre l’extrême droite et le néo-positivisme ou l’empirisme logique — Louis Rougier, « maître » du jeune Alain de Benoist, étant l’un des rares représentants du cercle de Vienne en France.

Il est temps, cependant, de profiter des informations précieuses contenues dans cet ouvrage et qui permettent, partant, de mieux comprendre l’évolution des idées chez Louis Rougier. L’on comprend mieux l’intérêt d’une notion comme celle de mentalité laquelle explique en grande partie le racisme de certains propos dans Le génie de l’occident (1969), mais en même temps sert d’outil intellectuel pour construire cette idée de rationalisme que dénonce vigoureusement Rougier (voir Les paralogismes du rationalisme, 1920), ou encore entreprendre la vision d’une « mystique » à propos de la politique (La mystique démocratique, 1929) et de l’économie (Les mystiques économiques, 1938). D’un autre côté, toujours au sujet de l’explication de ce thème de « rationalisme » ou de « mystique », il ne faut pas oublier l’importance chez Rougier du temps en tant que échelle propre au progrès ou, au contraire, à l’involution. Je veux dire par là que l’histoire est, pour Rougier, le moyen de décrire une courbe ascendante comme dans le cas de l’Occident (Le génie de l’occident), ou descendante comme dans la cas du rationalisme qui a dégénéré en idéologie (Les paralogismes du rationalisme). Mais, même si Rougier le « progressiste » reste en cela un intellectuel proche des idées défendues par les penseurs du cercle de Vienne, il est tout à fait capable de tempérer sa croyance dans le progrès comme il l’a prouvé en prônant, à l’instar de Bertrand de Jouvenel, l’idéal écologique (Le génie de l’occident).

De même que dans le livre intitulé La métaphysique et le langage (1960), il s’en prend à plusieurs positions fortes des membres de l’empirisme logique comme le physicalisme ou encore le refus de toute métaphysique. Car, comme l’ont bien compris la plupart des auteurs du livre sur Rougier, ce dernier est un pragmatique ou plutôt son relativisme foncier l’empêche de tomber dans un quelconque dogmatisme. Ainsi, bien que Rougier soit l’auteur de Celse contre les chrétiens (1926), il reconnaît le rôle positif de l’Église en matière économique pour favoriser la justice sociale. Contrairement à Hayek et à l’école de Chicago, Rougier défend le rôle de l’État et restera, malgré les années passées (son seul livre « économique » date de 1938) et son opposition à toute forme de planisme, partisan d’une économie de marché non dépendante de la doctrine étroite du laissez faire, et ce, jusqu’à la fin de sa vie.

Nonobstant ses critiques adressées au régime démocratique et certains propos malheureux sur l’état corporatif et le fascisme italien dans les années 1920, Louis Rougier a montré, encore une fois, sa forte capacité d’innovation intellectuelle. En effet, tout en se méfiant de la souveraineté du peuple, il a tenté de définir un régime démocratique où une constitution de type américaine serait apte à protéger les droits et libertés des individus contre tout arbitraire en provenance de l’État. Rougier souhaite un système politique où les pouvoirs sont tempérés les uns par les autres et dans lequel les élites sont recrutées dans toutes les classes de la société.

En ce qui concerne son refus de l’égalitarisme, il fait bien la distinction entre la nécessité d’une égalité juridique et l’existence d’une inégalité biologique. Certes, il demeure un partisan de l’ordre social tel qu’il est, mais cela ne l’empêche pas de reconnaître l’utilité des aides pour les plus défavorisés. Digne lecteur de Vilfredo Pareto, il souhaite — je le répète — la circulation la plus parfaite des élites, et c’est en cela qu’il reste une source d’inspiration moins pour les libéraux conformistes que pour ceux qui cherchent avant tout à comprendre et à voir moralement toute communauté dans son fonctionnement organisationnel.

 

Thomas Dreneau

 

A lire également sur Arès :

La chronique sur La structure des théories déductives de Louis Rougier

La chronique sur Astronomie et religion en Occident de Louis Rougier

 
Imprimer Envoyer

Dictionnaire de la philosophie russe

Extension de la philosophie
Dictionnaire de la philosophie russe, édition française sous la direction de Françoise Lesourd (L’Age d’Homme, 2010)

Le Dictionnaire de la philosophie russe est un ouvrage indispensable, et je pèse mes mots, concernant toute recherche relative à la pensée. Par-delà le contexte géographique auquel se rapporte un tel livre, il faut comprendre que ce dernier est une manière de concevoir autrement la philosophie. En effet, la pensée occidentale a plutôt tendance à restreindre toute espèce de pensée à l’organisation structurelle de concepts. Or, comme le constate Françoise Lesourd au sujet de la présentation d’un ouvrage qui compte pas moins de 1000 pages, la Russie présente la particularité originale de mêler théories conceptuelles et analyses de type métaphorique ou littéraire. Plus exactement, les Russes ont éprouvé ce besoin de maintenir sur le même pied d’égalité toutes espèces de pensées qu’elle provienne des savants, des écrivains ou encore des « philosophes professionnels ».

Que l’on examine l’histoire de la pensée russe avant et après la christianisation, au cours des XIXème et XXème siècle, chacune des différentes entrées de ce dictionnaire renforce cette idée de syncrétisme au niveau des idées. Évidemment, en tant que non-spécialiste, je ne puis appréhender de manière détaillée et précise l’ensemble des connaissances proposées par ce dictionnaire ; d’autant plus que j’ai privilégié une lecture personnelle qui m’a amené à concentrer mes efforts et sur les écrivains russes et sur les intellectuels ayant subi peu ou prou l’influence des philosophes européens tels que Schopenhauer, Marx ou Nietzsche. Sans oublier un intérêt très vif que je conserve pour la science au sens large. Bref, même si je tente ici une lecture qui cherche à s’éloigner quelque peu d’une vision propre à l’ethnocentrisme, je demeure encore tributaire de cette dernière. D’autre part, mon commentaire laisse de côté les références relativement aux débats sur la raison et la foi. Je précise cela par souci du lecteur qui lirait cet ouvrage à la suite de mon article.

Il est cependant nécessaire de s’attarder sur le contexte. Tout d’abord, il apparaît fascinant de voir à quel point, malgré la difficulté de penser ou de conceptualiser en raison d’une situation politique défavorable (qu’il s’agisse des mesures prises par des tsars autoritaires, ou encore un Staline faisant triompher sa propre vision héritée du marxisme-léninisme), les Russes n’ont jamais complètement arrêté de réfléchir à une vision du monde à la fois individuelle et partagée. La philosophie du pouvoir ne se limite ainsi pas à celle d’un Ivan le terrible, mais laisse entrevoir d’autres idées dignes d’intérêt comme celles développées par Vladimir Monomaque, ou encore Catherine II laquelle fut en partie inspirée par les lumières. D’un autre côté, outre la place non négligeable de la croyance chez nombre de penseurs et d’écrivains russes tels que Tolstoï et Dostoïevski (tandis que le premier a notamment inspiré tout un courant intellectuel et populaire regroupé autour de ce que l’on a appelé le « tolstoïsme », le second s’est, quand à lui, contenté de développer des idées qui ont abouti au sommet littéraire représenté par les Frères Karamazov), il importe de redécouvrir la place du paganisme qui a continué à inspirer le substrat culturel des élites et du peuple. Ce dernier a ainsi laissé place à une mythologie qui s’inspirait autant de la nature que des images poétiques que l’homme était capable de concevoir. En résumé, si l’on suit Françoise Lesourd, ainsi que Milkov, auteur de l’entrée « Paganisme de la société slave russe », il s’agit d’admettre que le paganisme, outre sa survivance jusqu’à aujourd’hui, a fortement inspiré la pensée intellectuelle des Russes de telle sorte que celui-ci s’est surajouté à la christianisation plus ou moins partielle du territoire.

À propos de l’influence des penseurs européens cités plus haut, il est clair que ceux dont la place a été la plus grande demeurent en particulier Nietzsche et Marx. Je renvoie les lecteurs qui trouveront tous les détails précis dont ils ont besoin dans l’entrée intitulée « Nietzsche en Russie » pour me concentrer sur Marx et les marxistes russes. Pour ma part, et ce dictionnaire leur rend finalement justice, les marxistes russes sont loin d’être des médiocres ou des intellectuels dépassés par je ne sais quel « tournant de l’histoire ». Si Lénine apparaît comme un militant plutôt enclin à privilégier les luttes partisanes au détriment des idées, comme le prouve, par exemple, Matérialisme et empiriocriticisme (1909), il est indispensable de reconnaître à nouveau la place d’un économiste comme Nicolas Boukharine et d’un philosophe comme Guéorgui Plékhanov (Le matérialisme militant est ainsi un modèle de polémique intellectuelle!).

Même un marxiste tel que Alexandre Bogdanov — qui fut à la fois vilipendé par Lénine et par Plékhanov — eut le mérite d’introduire le positivisme de Mach par souci de renouveler les interrogations sur la science. Preuve que la Russie aurait peut-être suivi un autre chemin que celui tracé par l’auteur dogmatique de Matérialisme et empiriocriticisme (je pense au rôle des penseurs du cercle de Vienne, eux-mêmes inspirés par Mach, et dont les idées eurent un retentissement considérable en ce qui concerne la théorie de la connaissance au cours du XXème siècle).

 

Thomas Dreneau

 

A lire également sur Arès :

La chronique sur L'économie politique du rentier de Nicolas Boukharine

 
<< Début < Préc 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Suivant > Fin >>

Page 6 de 12