Economie
Imprimer Envoyer

Jacques Rueff

Un libéralisme favorable à la conciliation?
Épître aux dirigistes de Jacques Rueff (Gallimard, 1949)

Il serait faux de croire que le libéralisme (au sens européen du terme) ou « néo-libéralisme » a toujours fait montre d’une attitude de combat envers le keynésianisme, voire envers toute intervention de l’État. Le cas de l’économiste français Jacques Rueff (1896-1978) aurait plutôt tendance à démontrer le contraire. En effet, alors que le titre — Épître aux dirigistes — paraît prouver le côté polémique de ce court essai, il n’en est rien ; tant l’auteur cherche avant tout à convaincre ceux qui partagent un point de vue diamétralement opposé au sien. Même : il semble que Jacques Rueff se range à l’avis de ces derniers qui optent pour une aide aux plus pauvres ou aux plus fragiles. Il souhaite, par conséquent, que l’état intervienne pour fixer les règles en matière de propriété privée, de contrat, etc. D’un autre côté, Rueff se dit favorable à une politique fiscale permettant une redistribution plus équitable des richesses de la nation. Or, si Rueff adopte une position que d’aucuns, parmi ceux de son propre camp (Friedrich A. Hayek, Louis Baudin, etc.), pourront juger à bon droit comme beaucoup trop conciliatrice à l’égard des socialistes, et même des communistes français en cette période d’immédiate après-guerre, il ne faut pas oublier la situation de crise économique des années 1930 qui témoigne de la remise en question radicale qu’ont subi — de plein fouet — nombre de thuriféraires du libéralisme tels que Jacques Rueff. Serge Audier a analysé, avec force détails, la situation des libéraux, avec l’organisation du colloque Lippmann réunissant la plupart d’entre eux en 1938, à Paris, soit justement à la veille de la seconde guerre mondiale (voir son livre intitulé Le colloque Lippmann. Aux origines du néo-libéralisme, 2008). Si le colloque Lippmann a pu apparaître comme l’origine de l’entreprise de reconquête de la pensée économique par les libéraux, il est important, à l’instar de Audier, de rappeler les divergences qui ont existé au sein même de la mouvance « néo-libérale ».

Cependant, ces divergences sont-elles si profondes que cela, c’est-à-dire à la lecture des livres de Ludwig von Mises, de Walter Lippmann, de Wilhelm Röpke, ou encore de Jacques Rueff? Car, bien entendu, Rueff est favorable à des dépenses sociales, mais seulement à partir du moment où le budget de l’État demeure en parfait équilibre (postulat devenu aujourd’hui, et, dans la bouche des gouvernants occidentaux, « l’idée magique » pour sortir chaque pays de la faillite ; alors que ledit postulat se traduit le plus souvent par des économies drastiques au niveau du service public et, paradoxalement, l’absence de recettes liées à une baisse de toute sorte d’imposition visant les plus riches — facteurs, bien entendu, de prolongement de la crise économique). D’autre part, comme tout bon libéral, Rueff est persuadé que la liberté des prix, soit la rencontre naturelle entre l’offre et la demande de biens, doit permettre l’abondance. Mais il néglige le fait que le vendeur et l’acheteur ne sont pas forcément sur un pied d’égalité au moment où chaque bien « désiré » est présent sur le marché. Rueff néglige également l’impact de l’État en tant qu’arbitre qui ne se limite pas uniquement à empêcher, par exemple, la création de monopoles. D’autant que l’économiste français reconnaît l’existence d’intermédiaires ; lesquels sont, eux, tout à fait susceptibles de fausser le libre jeu de l’offre et de la demande. Enfin, toute tentative de planification, ou de volonté sérieuse de réglementer un tant soit peu l’économie, aboutit, selon Jacques Rueff, à la dictature (ici, il est plutôt question du nazisme ou du gouvernement de Vichy, mais l’on sent bien que cette critique s’adresse aussi bien au régime communiste de l’URSS qu’aux gouvernements européens dominés par les socialistes). En résumé, si Jacques Rueff a pu présenté une pensée visant à limiter en quelque sorte la doctrine du « laisser-faire », il n’en demeure pas moins un conservateur dont les idées sont, désormais, responsables de l’instabilité économique et financière au niveau de la planète…

 

Thomas Dreneau

 
Imprimer Envoyer

Manifeste d'économistes atterrés

Des dirigeants politiques face à leurs responsabilités : l’instabilité de l’économie mondiale
Manifeste d’économistes atterrés (Philippe Askenazy, Thomas Coutrot, André Orléan, et Henri Sterdyniak) [Les liens qui libèrent, 2010]

Nombre de livres paraissent chaque année pour dénoncer la financiarisation de l’économie responsable de la crise qui touche aussi bien les États-Unis que la plupart des pays développés européens. Plusieurs universitaires, à l’instar des auteurs de ce Manifeste d’économistes atterrés, réclament des décisions de la part des gouvernants des deux côtés de l’Atlantique, afin de faire redémarrer une machine de plus en plus menacée par les spéculateurs et les agences de notation financière. En effet, la déréglementation mise en place par les dirigeants occidentaux concerne autant les marchés de biens et de services que les mouvements de capitaux. Alors que le retrait de l’État s’est fait progressivement de par la privatisation de pans entiers du service public, et de par l’abandon de toute mesure visant à favoriser la demande des consommateurs. Ainsi, les salaires ont eu tendance à se stabiliser, voire à baisser pour le bien d’actionnaires et de managers touts puissants au sein des entreprises, quitte à accumuler les profits au détriment de l’investissement. Ces derniers ont même bénéficié des baisses d’impôts pour les plus riches ; n’hésitant pas, pour certains, à investir dans la dette des pays développés et favorisant, par conséquent, la banqueroute de ceux-ci.

Aux yeux des économistes, auteurs de ce petit livre destiné plutôt à l’ensemble des citoyens qu’à la communauté des scientifiques, il paraît nécessaire d’inverser une tendance lourde, puisqu’elle correspond à la mise en place des idées capitalistes ou néo-libérales depuis la fin des années 1970 en Europe et aux États-Unis. Pour cela, outre les contrôles exigés à propos des détenteurs de la dette de pays comme la Grèce ou le Portugal, outre le besoin de faire appel aux « banques institutionnelles » telles que la BCE pour prêter aux gouvernements contraints, sans cela, à la faillite, il devient urgent de rétablir les salaires, ainsi que les investissements publics, de façon à relancer la demande et à permettre un développement continu, source efficace d’avenir.

Les économistes du Manifeste n’ont aucun mal à démontrer que le système macroéconomique ne peut être géré comme un simple budget de famille. Les dirigeants politiques, lesquels mettent en place des mesures dont l’objectif clair est de diminuer les dépenses publiques (suppression de postes de fonctionnaires, fermetures d’établissements, etc.), prouvent — hélas — leur incapacité à opter pour d’autres alternatives qui ne se limitent pas uniquement au keynésianisme abhorré. Car les auteurs centrent surtout leurs analyses sur l’Europe ; et proposent la mise en place d’accords bilatéraux ou multilatéraux entre pays, histoire d’amener une harmonisation entre les états autre que celle axée sur un marché de l’offre et de la demande forcément efficient. Il s’agit de lutter contre la concurrence entre les états ; d’autant que l’Europe a largement ouvert ses frontières au reste du monde sur les plans à la fois économique et financier.

Pour conclure, au-delà la proposition d’un système tourné vers l’écologie, Philippe Askenazy, Thomas Coutrot, André Orléan et Henri Sterdyniak, soit les « économistes atterrés », en appellent aux citoyens pour faire pression sur leurs gouvernants ; de telle sorte que ces derniers soient amenés à choisir une autre politique que celle que tout le monde, désormais, connaît trop bien, et qui s’est avéré, d’autre part, inefficace. Sinon, la disparition de l’euro sera, par exemple, un moindre mal en comparaison de la révolution risquant d’emporter et le système économique capitaliste et la démocratie représentative.

 

Thomas Dreneau

 
Imprimer Envoyer

Walter Lippmann

Au pied du mur
La cité libre de Walter Lippmann (Les Belles Lettres, 2011)

La cité libre de Walter Lippmann (1899-1974) est un ouvrage qui témoigne d’un libéralisme sur la défensive et qui cherche, par conséquent, à répondre aux critiques venant de toutes parts. En effet, ce livre paraît en 1937, c’est-à-dire au moment où le libéralisme semble condamner à disparaître sous les coups des réformistes keynésiens, des communistes, et des nationalistes italiens ou allemands. L’intellectuel américain Lippmann, qui n’est pas un économiste professionnel à l’instar d’un Hayek ou d’un Mises, sent bien que l’heure est à « l’autocritique » par rapport à une pensée trop longtemps fourvoyée dans la doctrine du « laissez-faire ». D’ailleurs, la parution de son livre paraît avoir correspondu aux attentes de nombre d’universitaires libéraux ; lesquels ont choisi, finalement, de se réunir à Paris pour un colloque portant — ainsi — son nom et organisé par le Français Louis Rougier (26 - 30 août 1938).

Le colloque Walter Lippmann a eu pour conséquence fâcheuse de faire oublier l’auteur de La cité libre au profit d’une réorganisation institutionnelle du libéralisme. D’où le besoin de redécouvrir un texte représentant une étape importante dans le renouvellement d’une doctrine connaissant, aujourd’hui, une faillite que seuls les gouvernants occidentaux s’obstinent — hélas — à refuser de voir, soit au détriment de populations qui souffrent de la montée croissante des inégalités et surtout de l’impossibilité d’une quelconque stabilité sociale. Bref, l’ouvrage de Lippmann est utile dans le sens que les « libéraux » (au sens européen du terme) ont été capables, par le passé, de se remettre en question. Pour provoquer cette crise de conscience, il aura fallu rien de moins que la crise de 1929 et, d’autre part, la mise en place de la politique du New Deal qui allait complètement à l’encontre des idées précédemment en vogue.

Or, si l’on lit attentivement l’ouvrage de Walter Lippmann, difficile de ne pas voir que ce dernier pêche par excès d’optimisme tant du point de vue de la philosophie libérale que de celui de la vision strictement politique propre à un Américain attaché aux institutions de son pays et au système de la démocratie représentative. Lippmann échappe sans aucun doute à l’éternel reproche qui touche le plus souvent les économistes libéraux : ses réflexions englobent aussi bien l’économie que la politique.

Cependant, l’auteur n’évite pas tout à fait ce reproche dans le sens qu’il confond, malheureusement, les deux sphères — politique et économique —  et que, d’un autre côté, sa condamnation de tout arbitraire ne va pas sans une volonté de voir l’individu comme un être parfaitement libre. Si je puis retenir, chez lui, l’idée d’empêcher toute résurgence de l’autorité ou de la volonté de puissance qui fait de l’un l’esclave de l’autre, si je puis retenir également, chez lui, l’affirmation du besoin de préserver l’environnement, de suppléer aux manquements familiaux des êtres humains, par contre, il me semble que Lippmann se renie, en fin de compte, lorsqu’il accorde son soutien à l’individu ; de telle sorte que celui-ci serait en droit d’obtenir ce qu’il désire, mais avec cette restriction qu’il ne doit pas nuire à autrui.

Je m’explique : bien que Lippmann rejoint en particulier Louis Rougier, puisque ce dernier rejette toute forme de bureaucratie coupable de gérer autoritairement les individus, je remarque qu’il s’appuie sur les théories de Ludwig von Mises qui tend à rechercher une absolue liberté ; à tel point que l’État ne peut intervenir au risque de favoriser tel ou tel intérêt particulier. Il en revient, à ce propos, à mêler les réformistes et les communistes dans le même théorème infâme du collectivisme. En même temps, Lippmann, sous couvert du règne de la loi suprême ou supérieure, ne paraît pas comprendre que son juridisme ne protège pas l’individu faible lequel peut parfaitement se voir imposer la volonté du plus fort.

Cela signifie que l’arbitraire demeure dans le cadre de la démocratie représentative. Chaque représentant est sous influence et doit exercer une compétence qui n’est pas celle d’un véritable expert. L’affirmation d’un individualisme radical entraîne la mise en place d’un nouveau régime politique — obligeant chacun à intervenir et à prendre la décision retirée, au final, des mains des représentants. Car, sinon, et comme l’a prouvé le développement des idées libérales sous l’influence de Friedman, plus tard, celles-ci favorisent l’égoïste qui est le premier à profiter de l’ouverture des frontières, d’un climat de paix lequel n’est qu’apparent, et ce, au détriment de l’intérêt collectif.

Donc, « la cité libre » rêvée par Lippmann s’est transformée peu à peu en une prison idéologique qui favorise une minorité de riches, faute d’avoir fixé dans la pratique en quoi les lois devaient protéger les faibles et, désormais, la planète.

 

Thomas Dreneau

 

A lire également sur Arès :

La chronique sur L'action humaine de Ludwig von Mises

La chronique sur Capitalisme et liberté de Milton Friedman

 
Imprimer Envoyer

Janine Brémond

Le marché « efficace »
Les économistes néo-classiques de Janine Brémond (Hatier, 1989)

Je n’ai guère de sympathie pour les ouvrages généraux et autres manuels qui cachent souvent la pauvreté intellectuelle de leurs auteurs derrière une tentative fallacieuse de « vulgarisation ». Or, si le travail de Janine Brémond n’échappe pas tout à fait à ce type de reproche, celle-ci montre un talent réel à exposer les idées des économistes néo-classiques ou néo-libéraux des XIXème et XXème siècles. Plus précisément, il faut souligner la clarté avec laquelle elle a su montrer la diversité des approches économiques d’universitaires tels que Léon Walras, Vilfredo Pareto, Alfred Marshall, Friedrich von Hayek, Milton Friedman ou encore Maurice Allais.

Outre l’écueil — parfois — de la vulgarisation (voir en particulier la partie consacrée à Maurice Allais qui prouve peu ou prou une connaissance superficielle de l’œuvre théorique de ce dernier), je tiens à exprimer mes réserves en ce qui concerne le chapitre 6 intitulé « Les outils mathématiques préférés des néo-classiques » qui aurait pu être intégré tout bonnement dans le corps du texte. D’autre part, il est étonnant que Brémond ait fait l’impasse sur Ludwig von Mises qui fut à la fois le « maître » de Hayek, mais aussi l’auteur de L’action humaine (1949), ouvrage fondamental de la pensée néo-libérale (l’oubli est d’autant plus impardonnable que le livre avait été réédité dans son intégralité aux Éditions PUF en 1985!).

Mais il est certain que l’ouvrage, nonobstant ses défauts, permet de comprendre le rôle des penseurs néo-classiques dans la réflexion économique à la fois passée et actuelle. J’aurais cependant envie de dire que Les économistes néo-classiques de Brémond est un livre qui montre implicitement ou explicitement les limites des recherches entreprises par tous ces esprits supérieurs. En effet, en prenant l’exemple du concept d’équilibre général créé par Léon Walras, puis renouvelé plus tard par Kenneth J. Arrow et Gérard Debreu, on peut constater, à l’instar de l’auteur, que le système économique montre surtout une situation plus ou moins accentuée de déséquilibre. Seul l’économiste français Maurice Allais — disparu récemment — semble avoir trouvé une solution qui puisse satisfaire à la fois la théorie et le réel. En tout cas, comme je l’ai laissé sous-entendre plus haut, l’analyse de Brémond reste plutôt limitée sur ce point. Elle sert essentiellement à comprendre le côté excentrique d’un homme (Maurice Allais) qui s’est voulu, comme Louis Rougier auquel il a rendu hommage dans Louis Rougier, prince de la pensée (1990), avant tout pragmatique ; dans le sens que ses connaissances en matière d’épistémologie ont favorisé chez lui une vision réaliste de l’économie qui ne correspond pas à celle — plus dogmatique — de Milton Friedman ou de Friedrich von Hayek.

Il s’agit de bien comprendre que la réflexion des économistes néo-classiques (ou néo-libéraux) a eu plutôt tendance, par des notions telles que « équilibre général », à minimiser le rôle de l’État au profit du marché jugé efficace par lui-même. De telle sorte qu’un Ludwig von Mises n’était pas loin de penser, tout comme semble-t-il Hayek, que toute intervention étatique menait tout droit au socialisme, voire au communisme pure et simple. Ce qui n’était pas l’avis, a contrario, de Alfred Marshall dont la pensée a sans conteste influencé un économiste « keynésien » tel que John Kenneth Galbraith. Je songe également à Arthur Cecil Pigou qui a fait la distinction entre sphère sociale et sphère privée, voyant dans celle-ci la cause d’effets nocifs ou externes comme la pollution. En cela, il préfigurait l’économie « écologique » d’un Bertrand de Jouvenel.

Il reste que, encore une fois, les économistes néo-classiques ont, pour la plupart, appuyé plus sur l’aspect « naturel » du fonctionnement de l’économie de marché (primat de la psychologie de l’agent économique individuel — en insistant sur le rôle de l’utilité pour ce dernier —, accord de principe entre l’offre et la demande d’un point de vue micro-économique ou macro-économique, etc.) que sur le rôle de l’État en tant qu’intervenant à part entière au sein du système économique. Tout comme James Kenneth Galbraith, auteur de L’État prédateur (2009), il faut surtout penser au rôle fondamental de Milton Friedman lequel, par son monétarisme, a opté pour l’idée de chômage volontaire, voire normal, et pour la nécessité de maintenir l’inflation — qui est en liaison justement avec le marché de l’emploi — au niveau le plus bas. En sus des effets dramatiques à la fin des années 1970 et au début des années 1980 de la restriction de la quantité de monnaie pour les États-Unis en termes d’emploi et sur le plan du tissu industriel national, n’oublions pas que Friedman a aussi milité pour les taux de change flottants dont chacun peut voir les conséquences concernant l’instabilité qui frappe actuellement l’économie mondiale.

Enfin, comme le laisse penser Janine Brémond et comme le reconnaîtra plus tard James Kenneth Galbraith, ceux qui ont succédé à la génération brillante des Hayek et Friedman sont le plus souvent des médiocres qui, malheureusement, inspirent encore aujourd’hui les politiques des gouvernements occidentaux (déréglementation des marchés économique et financier, liberté de concurrence sans limites, rôle de l’État réduit à la portion congrue, maintien des salaires au niveau le plus bas par crainte de l’inflation ou par volonté de privilégier une politique de l’offre,…).

 

Thomas Dreneau

 

A lire également sur Arès :

La chronique sur Capitalisme et liberté de Milton Friedman

La chronique sur L'action humaine de Ludwig von Mises

La chronique sur Autoportraits de Maurice Allais

La chronique sur L'économie politique du rentier de Nicolas Boukharine

La chronique sur L'Etat prédateur de James K. Galbraith

 
<< Début < Préc 1 2 3 4 5 6 7 Suivant > Fin >>

Page 3 de 7