Arts
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Eric Enfrun 1 

Débauche
Alchimie neurale1 de Eric Enfrun

L’art est un au-delà de la connaissance. Tandis que le savant raisonne par le biais de concepts pour atteindre la vérité, Éric Enfrun cherche ladite vérité à l’aide de la violence. Car toute vérité n’est-elle pas proche, en fin de compte, de la « métaphysique »? Bref, l’artiste, devant la limitation du savoir à l’étant, est contraint de pousser ce cri primal — tout ce sang qui n’est autre que l’apothéose d’une violence à la fois subie et désirée. C’est dans l’exploration du mal que Enfrun tend vers une ontologie qu’il souhaite ultime, dernière. L’abîme demeure sans conteste le moyen à l’échelle humaine d’un dépassement radical qui englobe le moi en même temps qu’autrui.

Avec Éric Enfrun, nous sommes revenus à la grande époque de la civilisation aztèque. Le sacrifice humain correspond à une répétition de la dialectique bourreau et victime. La mort de l’homme et l’arrachement de son cœur sont comme la tragédie qui touche chaque être humain au cours de son existence. Seule la pensée des anciens Mexicains, de ces Aztèques que Laurette Séjourné a qualifié à tort de matérialistes, est à même de transcender la rapport entre le sujet et l’objet. La mort outrepasse le besoin puéril d’atteindre la chose, ou au moins sa structure. L’être humain, par son sacrifice, oublie finalement tout besoin d’appréhender le réel. Je pense même que Éric Enfrun nous oblige à regarder distinctement la mort dans cet hyperbolisme de souffrance ou de douleur.

 

Thomas Dreneau

 
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