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Les Arts Mélangers
Courage ! Par la Compagnie Les Arts Mélangers
Auteurs et comédiens: Françoise Scheriber-Doiret, Alan Tallec, Marie-Eve Weyland À la Comédie Saint-Michel, depuis le 23 mars 2013. À partir de 4 ans
Depuis la nuit des temps, la peur est un ressort inépuisable des contes pour enfants, qui apprennent à la relativiser tout en écoutant de belles histoires. La compagnie Les Arts Mélangers reprend ici la trame immémoriale du voyage initiatique à travers la forêt et joue à mélanger les références, de la traditionnelle sorcière au zombie digne de La Famille Adams, en passant par des fantômes danseurs et un vampire tout riquiqui !
L’histoire en deux mots : Achille est un enfant comme les autres, un peu trouillard mais ne demandant qu’à devenir brave, au fond… Il reçoit un jour l'appel au secours de son grand-oncle, qui l’incite à le rejoindre à l’autre bout de la forêt, à l’Auberge de l’Orée du Bois, « question de vie ou de mort »… Ce voyage sera l’occasion pour Achille de surmonter ses craintes et de rencontrer une série de personnages tous plus étonnants les uns que les autres.
Sur la scène, trois comédiens costumés donnent vie à cette histoire, et occupent si bien l’espace qu’on en oublie l’absence de décor. Les couleurs sont vives et l’action trépidante. Les éléments effrayants (évocation de puits sans fond, d’un « gouffre des enfants noyés », brrr) laissent vite la place à des facéties en tous genres, qui dédramatisent cet univers hanté et tournent en dérision toutes ces croyances.
De nombreuses péripéties émaillent le parcours, ainsi que des belles rencontres : Achille fait bientôt équipe avec une sorcière qui veut devenir fée, pour vaincre un affreux monstre à quatre pattes. Ils seront rejoints par un zombie, valet d’un château hanté qui rêve à d’autres horizons… Tout cela compose une joyeuse ode à l’amitié et à la différence, dans un esprit bon enfant qui ne se prend pas au sérieux, mais délivre tout de même un message sympathique.
Les scènes sont ponctuées d’airs classiques (La 5e de Beethoven, notamment), sur lesquels certains personnages se mettent à danser : les fantômes d’abord, puis les héros arrivés à bon port. Les acteurs interpellent le public qui ne se prive pas pour répondre et aiguiller les héros vers la bonne direction. La participation des enfants est bien dosée, ni trop ni trop peu, interactive juste ce qu’il faut. À un moment donné, les personnages traversent la salle, la sorcière touche les cheveux des enfants hilares, ou Achille marche sur les dossiers des sièges. Quelques clins d’œil discrets sont aussi adressés aux parents (blagues sur le GPS ou le marché du travail), sans que cela dérange les enfants. Et l’on a entendu plusieurs papas, à la sortie, imiter la voix caverneuse du fameux zombie Igor…
En résumé : un spectacle très drôle, dont mon fils me parle encore avec beaucoup de plaisir, riant à l’évocation de certaines scènes – notamment la course poursuite où les héros font du sur-place et sont rattrapés (puis doublés) par le zombie ! Le jour où nous y étions, la salle était très participative : les comédiens se démenaient et la salle entière leur répondait du tac au tac. L’humour est « énorme » mais pas idiot, c’est efficace sans être trop grossièrement taillé. Et les airs classiques entrent facilement dans la tête des bambins, qui les fredonnent ensuite toute la journée. Bref : on vous recommande ce spectacle sans réserve !
Pauline
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Christophe Glockner/Igor de Chaillé
Robin des Bois De Christophe Glockner et Igor de Chaillé
Mise en scène : Christophe Glockner, assisté de Arnaud Allain. Décors : Farru. Lumières : Patrick Moch. Costumes : Catherine Lainard. Maquillage : Anne Caramagnol. Maître d’armes : Christophe Mie. Effets spéciaux, magie : Simon Gleizes.
Acteurs : Stéphane Dauch (Robin des Bois), Guillaume Compiano (Prince Jean), Sarah Cottereau (Mrianne), Laurent Paolini, Thierry Garet (Petit Jean), Géraldine Moreau-Geoffrey (le ménestrel, la bohémienne), Simon Gleize (un troubadour), Christophe Mie (un soldat), Lionel Laget (Frère Tuck), Xavier Martel (Shériff de Nottingham), Arnaud Allain (un soldat), Amélie Vignaux (Gertrude). Compagnie ID Proscenium
Au Théâtre des Variétés (Paris ), jusqu’au 16 mars 2013
Beaucoup de spectacles pour enfants (y compris ceux déjà chroniqués ici) reprennent des thèmes connus pour les adapter ou les moderniser. C’est le principe du conte : une histoire passe de bouche à oreille et évolue au gré de ses incarnations. Parfois, il est clair que certains auteurs/metteurs en scène procèdent ainsi par facilité : reprendre une histoire connue évite d’avoir à en inventer, et les personnages sont déjà assez familiers pour ne pas déboussoler les enfants. Heureusement, d’autres dramaturges font preuve d’un peu plus d’originalité et ne considèrent pas le spectacle pour enfants comme un parent pauvre du théâtre. C’est le cas ici : parmi toutes les pièces « inspirées de… » qui nous ont été données de voir, il en est peu qui atteignent le brio de ce Robin des Bois. Loin d’être une simple adaptation du film Disney, le spectacle fait preuve d’originalité, partant d’une trame bien connue pour la développer avec panache. Christophe Glockner et Igor de Chaillé réussissent ainsi à créer un spectacle total, qui tient en haleine aussi bien les petits que les grands.
L’histoire est la même que dans les adaptations précédentes : le royaume du bon Roi Richard est mis en péril par un vil usurpateur, le méchant Prince Jean. Assisté par son âme damnée, le shérif de Nottingham, il accable le peuple d’impôts et fait régner la terreur sur le pays. Heureusement, quelques brigands au grand cœur résistent à la tyrannie : menés par le jeune Robin des Bois et ses compagnons de la forêt de Sherwood, ils vont en faire voir de toutes les couleurs aux méchants, débarrasser le trône du félon… et conquérir le cœur de la belle Marianne, cousine du roi Richard.
Le spectacle a une dimension cinématographique évidente : le Théâtre des Variétés est assez grand pour accueillir d’immenses décors, et certains effets pyrotechniques lorgnent plus du côté d’Hollywood que du film intimiste. Les combats sont si crédibles qu’on jurerait voir un bon film de cape et d’épée. Il y a un maître d’armes parmi les acteurs, cela se sent dans leur façon de manier les glaives sans que cela fasse jamais « amateur ». Les combattants échangent de vrais coups et esquivent avec brio, dans des échanges joliment chorégraphiés. Ceci dit, malgré ces nombreux combats, l’humanité des personnages n’est jamais en reste : entre deux rixes, les acteurs arrivent à tirer leur épingle du jeu et faire exister leurs caractères dans des scènes joliment dialoguées, avec gags au premier degré (pour les enfants) et clins d’œil au second (pour les parents).
Parmi les trognes les plus mémorables, mention spéciale au moine Frère Tuck, ivre mort du début à la fin de la pièce, que le comédien Lionel Laget incarne sur scène avec une grossièreté jubilatoire. Également à l’interprète du Prince Jean (Guillaume Compiano), dont la perfidie maniérée contraste avec le flegme bourru du shérif incarné par Xavier Martel. Les personnages vont souvent par deux : après s’être battus ensemble, Robin des Bois finit par faire la paire avec Petit Jean, tandis que la courageuse Marianne est flanquée d’une suivante qui semble d’abord un peu cruche mais se révèle finalement très brave….
Les chapitres sont introduits par un ménestrel (Géraldine Moreau-Geoffrey), qui commente l’histoire avec une distance amusée. Pendant l’une de ses interventions, le lapin d’Alice au Pays des Merveilles, échappé d’un autre théâtre, traverse la scène en criant qu’il est « en retard, en retard, en retard » ! L’effet comique est savoureux, et le dialogue entre les deux personnages, irrésistible. Cette apparition est un clin d’œil à un autre spectacle produit par la même équipe (ID Proscenium) dans un théâtre voisin. L’occasion de faire un peu de pub… tout en faisant rire les spectateurs, avec une absurdité bien sentie.
Au final, on passe un moment réjouissant. Le public en redemande – particulièrement les petits garçons fans d’épées et de Moyen Âge. Le spectacle mêle action et émotion, sans que les enfants soient perturbés par un humour excessivement décalé. Le son est bien dosé (c’est assez rare pour être remarqué), on ne sort pas de là avec la tête comme un chou-fleur. Quant aux gags visuels, tours de magie et jets de flammes, ils permettent à tous les rangs – du premier au dernier – de s’en mettre « plein les mirettes », dans un éclat de rire fédérateur.
Nicolas Brulebois
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Jacques-Rémy Girerd/Léon
L’enfant Au Grelot au Théâtre des Nouveautés, du 27 Octobre 2012 au 13 janvier 2013 D’après le film « L’Enfant au grelot de Jacques-Rémy Girerd Scénario Jacques Remy Girerd, Benoît Chieux et Damien Louche-Pélissier Mise en scène : LÉON Livret : PASCAL JOSEPH Paroles et musiques : PASCAL JOSEPH, ERIC MELVILLE Direction musicale : ERIC MELVILLE avec JULIE WINGENS, PASCAL SUAL, KATIA MARKOSY, CHARLOTTE HERVIEUX, JEAN-CHRISTOPHE GUTIERRES
Ce spectacle, idéal à voir pendant les fêtes de fin d’année, s’inspire du très beau film de Jacques-Rémy Girerd, à qui l'on doit aussi Patate et le jardin potager, Mia et le Migou, ou La Prophétie des grenouilles...
Charlie vit dans l'orphelinat de Mamie Rose, un endroit chaleureux où les enfants tentent d’oublier leurs malheurs. Il a une relation particulièrement affectueuse avec Grand Jacques, le facteur qui l'a trouvé bébé, perdu dans la forêt. C'est lui qui l'emmène tous les matins à l'école sur son vélo et lui redonne un peu de joie de vivre. Mais malgré la bonne humeur de Mamie Rose et ses amis, Charlie continue à se demander d'où il vient, et quel est ce petit grelot qu’on a trouvé dans son couffin, le jour où il a été perdu... Alors que les préparatifs de Noël vont bon train, Charlie, aidé par une mystérieuse fée, va enfin découvrir qui est son papa… et par quel malheureux concours de circonstances il a été amené à le perdre.
Le spectacle est beau et entraînant. C’est une vraie comédie musicale, avec des dialogues rigolos entrecoupés de nombreuses chansons, dont certaines restent longtemps en mémoire (Nous les facteurs ! Je suis une fée...). Les enfants ont été charmés par les décors et costumes, et surtout par les facéties de Charlie et sa bande de grands garnements en culottes courtes. Même si elle parle de solitude et d’enfance abandonnée, l’histoire est délivrée avec suffisamment d’enthousiasme pour ne pas les traumatiser.
Les parents y trouvent aussi leur compte, avec quelques clins d’œil second degré et des nuances parodiques bienvenues : ainsi, la chanson du Père Noël en colère (Jean-Christophe Gutierres) ressemble à du Florent Pagny mâtiné de Balavoine saupoudré de (mauvais) hard rock… mélange détonnant qui nous a fait mourir de rire ! De même, le thème de la fée Alma (Charlotte Hervieux) ironise sur cette mode sociétale où tout le monde (et notamment les petites filles) veulent devenir des « stars ». Les passages chantés (sur bande play-back) sont étonnamment maîtrisés, et certains comédiens ont sans doute fait du doublage de dessins animés, car leurs voix sont extrêmement malléables. Ainsi Katia Markosy, qui incarne une Mamie Rose plutôt gironde, a une faculté étonnante à monter brusquement dans les aigus, donnant à son personnage un côté acidulé qui colle bien avec le décor rose bonbon dans lequel il évolue. De son côté, Pascal Sual donne au facteur des airs de bon gros géant à l’œil qui frise (il y a anguille sous roche avec Mamie Rose), tandis que Julie Wingens incarne Charlie avec une ingénuité premier degré qui colle parfaitement à l’esprit du conte, et évite à la farce de prendre le dessus. L’émotion triomphe in extremis, et tout est bien qui finit bien.
En conclusion : le spectacle est entraînant et une fois qu’on est entré dans l’histoire, on ne s’ennuie pas une minute. Le jour où nous y étions, certains enfants se levaient spontanément de leurs sièges pour venir danser au bord de la scène, ajoutant au caractère convivial de la représentation. Seul petit couac : un volume sonore un peu trop élevé au début (mais qui a été corrigé ensuite). Si vous y allez avec des tout petits, évitez quand même de vous placer près des enceintes… Enfin, la rencontre avec les comédiens à la fin du spectacle permet d'immortaliser ce joli moment : ils se prêtent au jeu avec beaucoup de naturel, et on peut même discuter avec eux, entre deux photos sur les genoux du Père Noël…
Pauline et Nicolas
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Guy Grimberg
Peter Pan à Bobino Un spectacle musical de Guy Grimberg
Avec Thibaut Boidin, Delphine Le Moine, Emilie Vidal, Marie de Oliveira, Christophe Jeannel, Régis Chaussard, Christophe Touraud, Vanessa Cailhol, Sarah Filc, Aurore Maunier, Eglantine Labille, Gilles Pugibet, Audrey Fayolle, Carole Malmezac, Deen Abboud, Philippe Ferreira
Adaptation Martine Nouvel, d’après l’œuvre de James Matthew Barrie Chorégraphies : Johan Nus. Musique : Serge Léonardi. Chansons : Martine Nouvel et Guy Grimberg. A Bobino (Paris), à partir d’octobre 2012
Peter Pan dans une salle parisienne mythique (Bobino)… Comment y résister? Qui n'a jamais rêvé de voler vers le pays des enfants perdus pour y vivre une merveilleuse aventure? De retomber en enfance, en partageant un beau moment avec sa progéniture ?
C'est désormais chose faite grâce à ce fabuleux spectacle musical retraçant l'histoire de ce petit garçon qui ne veut pas grandir, en prise avec l’affreux capitaine des pirates.
Le spectacle est grandiose. Les acteurs (une quinzaine en tout) jouent leur rôle à la perfection. Les décors évoluent vite, pas le temps de souffler : on est tantôt sur le bateau de Crochet, tantôt au pays de Peter, ou dans la chambre des enfants. Chaque fois, les détails sont soignés, aussi bien les costumes que le mobilier. De plus, les musiques et chansons sont entraînantes, rythmées par des chorégraphies qui ont l’air de plaire beaucoup au public.
Il faut vraiment souligner la belle mise en scène de ce spectacle : outre la rapidité des changements de décors, les effets spéciaux sont bluffants. Lorsque les « enfants » s'envolent, on y croit vraiment ; à aucun moment on ne distingue les mécanismes qui font s’élever les acteurs. Outre la beauté visuelle, le spectacle vaut aussi pour sa « morale » : tout au long de la pièce, l'entraide, l'amour, l'amitié et le rêve sont mis en avant ainsi que l'imagination... Ces valeurs distillent un joli message à nos enfants, tout en les distrayant.
Le jour où nous y étions, tout le monde dans la salle était très réceptif. Dès qu'un chant démarrait, le public tapait des mains ou reprenait les paroles. J’ai vu passer toute la gamme des émotions (joie, peur, gaieté) sur le visage de mes enfants - et c'était vrai aussi chez les adultes. Pour une fois, le spectacle ne laisse pas les parents au bord de la route mais réussit, par le brio de ses acteurs, à être intéressant même pour des grands. À mon avis, ce show est accessible dès 4 ans, et il n’y pas de limite d'âge pour s'y rendre. J'ai d'ailleurs remarqué que certains adultes y étaient venus sans enfant !
Nous avons vraiment apprécié ce grand et beau spectacle. Je le recommande vivement, car c’est une histoire trans-générationnelle, susceptible de réunir toute la famille autour d’un « mythe » éternel. Depuis qu’ils l’ont vu, mes enfants n'arrêtent pas d'en parler – et pourtant, ils n'avaient jamais vu le DVD Disney (qu'il a tout de même fallu acheter, pour prolonger le souvenir). D'ailleurs ce serait une excellente chose que le DVD du spectacle soit commercialisé, histoire de pouvoir en retrouver la magie à la maison…
En conclusion : un merveilleux souvenir pour enfants ET parents… et un immense BRAVO à toute l'équipe technique de ce spectacle!! C'est si bien écrit et mis en scène, que l’on plonge facilement et durablement dans cet univers à la fois drôle et poétique.
Alexandra Baud Moritz
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